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| Bernard Buffet, l'Enfer de Dante 1976, ©ADAGP |
Bernard buffet (1928-1999),
peintre majeur du XXe siècle qui perpétua la figuration en plein siècle dédié à
l’abstraction, illustra à cinq reprises à la pointe-sèche, des ouvrages et des
œuvres de la littérature : les chants de Maldoror de Lautréamont en 1952,
Recherche de la pureté de Jean Giono en 1953, la Voix humaine de Jean Cocteau
en 1957, des poèmes de Verlaine, Rimbaud et Baudelaire dans un recueil intitulé
Jeu de Dames en 1970 et l’Enfer de la Divine Comédie de Dante en 1976.
Le musée Brayer présente cet été
les séries les plus célèbres, bien que rarement exposées : la Voix
humaine, Jeu de Dames et l’Enfer de Dante.
Ces trois séries constituent de manière
saisissante un condensé de sa peinture, de son oeuvre. On y retrouve le dessin
et sa schématisation, les visages allongés et anguleux, de même que les corps,
le graphisme de l’écriture identique à celui de sa signature, la géométrisation
de l’ensemble de la composition, la palette réduite de couleurs (adoptée à
l’issue de la guerre en raison des restrictions, puis conservée), les formes
soulignées d’une épais trait noir, les thèmes de l’angoisse, de la douleur et
la notion du temps, essentielle dans son œuvre.
Par un judicieux contre-pied, le
musée Brayer qui expose traditionnellement des peintres provençaux illustrant
la Provence, propose ici l’exposition d’un peintre français majeur dans
l’histoire de l’art, ayant vécu et énormément peint la Provence, du Vaucluse à
la Côte d’Azur. Mais cette fois-ci, le musée ne s’est pas attaché au motif mais
au style.
Né à Paris dans une famille très
catholique, Bernard Buffet expose sa première œuvre en 1946, à la galerie des
Beaux Arts, à Paris. Maurice Garnier et Pierre Bergé lui feront connaître et
découvrir la Provence, où il passa la majeure partie de sa vie. Maurice Garnier
qui deviendra très vite son marchand d’art et, chose exceptionnelle, le restera
toute la vie de l’artiste, n’est certainement pas étranger au caractère abondant
de l’œuvre de Bernard Buffet.
Il possédait une maison à Camaret. Il présenta
Pierre Berger à l’artiste et le futur fondateur de la maison Yves Saint-Laurent
emmena Bernard Buffet passer des vacances à quelques kilomètres de ce village,
à Séguret. Nous sommes en 1950 et ces moments seront rendus en peinture par l’artiste.
Ensemble, ils allèrent visiter Jean Giono à Manosque. En 1959, Cocteau qui
tournait son film, le Testament d’Orphée, dans la carrière du Val d’Enfer, aux
Baux, était de ses amis.
Puis l’artiste se lia d’amitié
avec le peintre Yves Brayer (1907-1970), malgré la différence de génération. Yves Brayer a, lui aussi, a un goût certain pour le graphisme et la gravure et illustre
des textes de Blaise Cendrars, Henry de Montherlant, Baudelaire, Paul Claudel,
Jean Giono, Frédéric Mistral. « Lorsqu’avec Annabel, il se rendait
en voiture à Saint-Tropez, il s’arrêtait souvent pour déjeuner aux Baux. Quand
nous n’y étions pas il nous postait des cartes postales anciennes qu’il
s’amusait à dénicher et dont il aimait se servir pour dire à ses amis qu’il
pensait à eux. Ainsi, il connaissait le village et le site des Baux et c’est
avec émotion que moi, son ainée, j’écris ces quelques lignes en témoignage de
souvenirs et d’affection. » Hermione Brayer.
Olivia Gazzano
Bernard Buffet (graveur), musée
Yves Brayer, jusqu’au 27 septembre. Tarifs : 5€, gratuit -18ans. Ouvert
d'avril à septembre tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30. Tél. 04 90
54 36 99. En savoir plus : www.yvesbrayer.com








